Permettez-nous de vous présenter le docteur Jonathan Tan, anesthésiste pédiatrique à l’hôpital des enfants de Philadelphie (The Children’s Hospital of Philadelphia) aux États-Unis. Ses recherches portent sur l’utilisation de données quantitatives et géospatiales pour améliorer la qualité et l’accès aux soins des enfants.

Au cours des deux dernières années il a pu se consacrer à plusieurs missions médicales au Kenya au sein du AIC Kijabe Hospital malgré son emploi du temps chargé.

Cet été, il a pris son Flow avec lui et c’est avec ses propres mots qu’il raconte son expérience pour la PlumeLetter.

Flow pour épauler une mission médicale au Kenya, par le docteur Jonathan Tan

J’ai pu au cours des deux dernières années trouver le temps à côté de mon travail pour m’investir dans des missions médicales au AIC Kijabe Hospital du Kenya. En tant qu’anesthésiste j’y contribue en bloc opératoire au soin des patients en pédiatrie, mais j’y enseigne également l’anesthésiologie aux médecins en formation et infirmiers anesthésistes.

C’est une leçon d’humilité sans cesse renouvelée que de songer au fait que nombre d’entre eux s’expatrieront ensuite vers d’autres pays d’Afrique où ils seront souvent les seuls anesthésistes pédiatriques disponibles à des centaines de kilomètres à la ronde pour s’occuper d’enfants malades avec des ressources très limitées. Un monde à part des grands hôpitaux universitaires que nous avons aux États-Unis qui ont toujours le meilleur matériel à disposition. Malgré cela, les médecins qui travaillent à plein temps au AIC Kijabe Hospital sont des cliniciens réellement extraordinaires qui dédient leur vie au service des populations de la région. Travailler à leurs côté est un apprentissage permanent.

Le voyage vers le Kenya et vers l’AIC Kijabe Hospital n’est pas court ! Au départ de la côte est des États-Unis, ce sont le plus souvent deux longs vols qui vous amènent à Nairobi. De là, deux heures de voiture à travers la capitale, les autoroutes qui bouchonnent et la campagne vous conduisent à l’hôpital. Dès ma toute première visite à Nairobi je me suis rendu compte qu’il pouvait être difficile d’y respirer librement et que les épisodes de toux surviennent à une fréquence bien au-dessus de la norme. En regardant autour de soi, on se rend vite compte que la pollution venant des voitures et des autocars contribue très directement à une qualité de l’air dégradée et aux difficultés respiratoires. Malheureusement, au cours de ma première année sur place, je n’avais aucun moyen de quantifier ou mesurer cette observation.


Photo Nahashon Diaz

Tout a changé lors de mon dernier voyage car j’avais enfin le moyen de mesurer la qualité de l’air qui m’entourait : accroché à mon sac à dos, Flow, un capteur de pollution à la fois petit et silencieux. En débarquant à Nairobi, l’enthousiasme de la découverte avec Flow s’ajoutait à l’excitation du voyage et de l’opportunité renouvelée de revoir mes amis et enseigner l’anesthésie pédiatrique. J’étais pressé de mesurer la qualité de l’air et d’évaluer la corrélation avec ce que je ressentais physiquement au cours de mon voyage à travers le Kenya, les rues animées de Nairobi, la quiétude de la campagne et la fameuse Rift Valley où se situe l’hôpital.

En route de Nairobi vers la campagne, il était à la fois amusant et fascinant d’observer les variations de qualité de l’air que mesurait mon Flow. J’ai pris une capture d’écran : les données visuelles et intuitives de Flow sur mon iPhone me montraient que de longs segments de pollution “Très Élevée” jalonnaient mon trajet. Fenêtres ouvertes dans notre camionnette, ces mesures étaient le reflet direct de ce que nous ressentions en respirant et un rappel frappant de ce à quoi sont chroniquement exposées les populations locales.

Nous savons qu’une exposition constante à des niveaux de pollution très élevés peut être à l’origine de cas d’asthme sévère, de maladies respiratoires et complications pulmonaires de l’enfant. En plus de conséquences cliniques, les troubles respiratoires sont aussi associées chez l’enfant à une moindre réussite scolaire et plus tard professionnelle. La santé des enfants est certes un défi aux facettes multiples, mais il est bon de garder à l’esprit que l’un des meilleurs points de départ est une solide fondation faite de données quantitatives. La clarté des données que fournissent Flow et son application mobile permettent de mesurer le risque associé à l’air que l’on respire et d’identifier les zones les plus exposées. Les données et les cartes illustrent avec force l’étendue du problème et sont un excellent point de départ pour imaginer des solutions sociétales, médicales, économiques et politiques.

Jon

Des données bien mobilisées

A l’instar du Dr. Tan qui a pu récolter des données très utiles avec son Flow pour ses missions humanitaires au Kenya, découvrez comment nos utilisateurs à travers le monde mobilisent les données collectées avec leur Flow.

Découvrez comment Aurélie a pu alerter sa ville grâce aux données de son Flow, ou encore la mobilisation de Caitlin pour réduire la pollution de l’air sur son lieu de travail… à Broadway !